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Juillet 2010 - Anticorps monoclonaux : traitements courts pour thérapie
durable des infections virales chroniques ?
Les anticorps monoclonaux constituent la plus grande classe de médicaments
biothérapeutiques. Administrés à des organismes infectés
en vue de bloquer la propagation de virus pathogènes, ils pourraient
aussi induire une réponse immunitaire antivirale durable et protectrice
ressemblant à une vaccination. Obtenus chez la souris par le groupe
« Oncogenèse et Immunothérapie » de l'Institut
de Génétique Moléculaire de Montpellier (CNRS/Universités
Montpellier 1 et 2), ces résultats sont publiés le 10 juin
dans PLoS Pathogens. Ils sont porteurs d'espoir pour soigner certaines
infections virales chroniques graves.
Les anticorps (AC) sont des molécules produites par le
système immunitaire pour se défendre contre les cellules
cancéreuses et les agents infectieux. Certains d'entre eux, les
anticorps monoclonaux (1), peuvent être développés
et produits en masse pour traiter diverses pathologies : cancers, pathologies
inflammatoires, maladies infectieuses… Ils constituent ainsi la
plus grande classe actuelle de médicaments biothérapeutiques
et sont considérés avec de plus en plus d'intérêt
pour soigner des infections virales chroniques graves comme celles par
HIV (Virus de l'immunodéficience humaine) ou HCV (Virus de l'hépatite
C), contre lesquelles les traitements actuels sont encore insuffisants.
Le seul mécanisme d'action des anticorps monoclonaux antiviraux
véritablement considéré jusqu'à présent
par la communauté médicale et scientifique était
celui d'une neutralisation et élimination directe des virus dans
les organismes infectés.
En utilisant un modèle de leucémie virale de la souris,
le groupe « Oncogenèse et Immunothérapie » de
l'Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier
(CNRS/Universités Montpellier 1 et 2), dirigé par Marc Piechaczyk,
vient de montrer qu'un traitement très court (quelques jours) par
des anticorps monoclonaux antiviraux peut, dans certaines conditions,
avoir un effet supplémentaire ressemblant à celui d'une
véritable vaccination. Après 3 semaines, alors que les AC
monoclonaux injectés ont disparu, les chercheurs ont, en effet,
détecté une réponse immunitaire antivirale puissante
et soutenue dans le temps (plus d'1 an) nécessaire aux souris pour
échapper à la mort par leucémie.
L'équipe a identifié un mécanisme inattendu via lequel
les AC monoclonaux induisent une immunité antivirale protectrice.
Celui-ci repose sur la capacité des AC monoclonaux à reconnaître,
non seulement les particules virales circulantes, mais aussi certaines
protéines virales exprimées à la surface des cellules
infectées. Cette nouvelle donnée serait la clef pour déclencher
une protection immunitaire. Elle devrait être prise en compte par
les biologistes qui conçoivent et développent des AC monoclonaux
thérapeutiques antiviraux.
Chez la souris, une cure précoce et courte d'anticorps thérapeutiques
monoclonaux ciblant à la fois les virus et les cellules infectées
par ces virus permet donc de soigner définitivement une infection
chronique mortelle. Si cette observation est extrapolable à la
situation humaine, elle se traduira non seulement par un bénéfice
thérapeutique pour les patients, mais aussi pour la société
en réduisant considérablement le coût des thérapies
par anticorps monoclonaux qui sont encore, pour une large part, prohibitives.
Notes :
(1) Les anticorps monoclonaux sont des anticorps entièrement
purs qui ne reconnaissent qu'un seul type d'antigène. Du fait de
leur spécificité, que l'on peut facilement établir,
ils sont de plus en plus utilisés en thérapeutique pour
détruire sélectivement des cellules tumorales ou des virus
ainsi que pour combattre certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite
rhumatoïde.
Références :
A crucial role for infected-cell/antibody immune complexes in
the enhancement of endogenous antiviral immunity by short passive immunotherapy
Henri-Alexandre Michaud (1,2,3), Tiphanie Gomard (1,2,3), Laurent Gros
(1,2,3), Kevin Thiolon (1,2,3), Roudaina Nasser (1,2,3), Chantal Jacquet
(1,2,3), Javier Hernandez (1,2,3), Marc Piechaczyk (1,2,3) and Mireia
Pelegrin (1,2,3)
(1) Institut de Génétique Moléculaire
de Montpellier, UMR 5535 CNRS, 1919 Route de Mende, 34293, Montpellier
Cedex 5;
(2) Université Montpellier 2, Place Eugène Bataillon, 34095
Montpellier Cedex 5
(3) Université Montpellier 1, 5 Bd Henry IV, 34967 Montpellier
Cedex 2; France
PLoS Pathogens, 10 juin 2010
Contacts :
Chercheur CNRS
Marc Piechaczyk
T 04 67 61 36 68
marc.piechaczyk@igmm.cnrs.fr
Presse CNRS
Muriel Ilous
T 01 44 96 43 09
muriel.ilous@cnrs-dir.fr

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