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Mai 2010 - Maladies neurodégénératives : leurs protéines
ont une structure commune
Les protéines des maladies neurodégénératives,
telles que Parkinson, Alzheimer et le syndrome d'Huntington, ont une unité
structurelle commune. C'est ce que viennent de découvrir Andrey
Kajava, chercheur au Centre de recherche biochimie macromoléculaire
(CNRS/Universités Montpellier 1 et 2), en collaboration avec deux
scientifiques du National Institute of Health (Etats-Unis). Ce point commun
devrait permettre de mieux diagnostiquer le risque de développer
ces maladies mais aussi de concevoir des inhibiteurs à but thérapeutique.
Certaines maladies sont caractérisées par la présence
de dépôts insolubles de protéines dans les tissus,
qui entraînent des lésions irréversibles aux organes
affectés. Ces dépôts de fibrilles amyloïdes sont
généralement liés à un changement de conformation
d'une protéine normalement inoffensive. Ils sont retrouvés
dans des pathologies neurodégénératives telles que
les maladies d'Alzheimer, de Parkinson et le syndrome d'Huntington, mais
aussi des maladies à prions infectieuses.
Actuellement, de nombreuses recherches sont entreprises pour déterminer
la structure atomique en 3D de ces fibrilles et comprendre le mécanisme
moléculaire de repliement des protéines amyloïdes et
de leur assemblage en fibre. Une analyse des données structurales
de ces différentes fibrilles a montré que ces dernières
étaient très polymorphes : le nombre de proto-fibrilles
assemblées par fibrille varie, ainsi que la structure des proto-fibrilles.
Mais Andrey Kajava du Centre de recherche biochimie macromoléculaire
(CNRS/Universités Montpellier 1 et 2) et ses collègues du
National Institute of Health (Etats-Unis) ont identifié une unité
structurelle commune pour toutes les fibrilles liées aux maladies
connues qu'ils ont appelé "ß-arcade" ou arcade
ß. Des considérations de conformation et de thermodynamique
indiquent qu'un complexe de deux ou plusieurs arches ß peut déclencher
la croissance rapide des fibrilles. Les chercheurs ont également
retrouvé cette « signature » dans d'autres protéines
dites « dangereuses » responsables de maladies virales et
bactériennes.
La détection du «coeur pathogène» des fibrilles
amyloïdes pourrait permettre de diagnostiquer de façon spécifique
le risque de développer des maladies neurodégénératives
ou liées au vieillissement chez le patient. Cette découverte
facilitera également l'identification de sites plus appropriés
localisés sur les fibrilles amyloïdes pour développer
des médicaments capables d'enrayer leur formation.
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© Andrey Kajava. Contact
photothèque : phototheque@cnrs-bellevue.fr
Projection axiale de l'arcade-bêta des fibrilles amyloïdes. |
Références :
Beta-arcades: recurring motifs in naturally occurring and disease-related
amyloid fibrils, Andrey V. Kajava, Ulrich Baxa and Alasdair C. Steven,
FASEB J, mai 2010.
Contacts :
Chercheur CNRS
Andrey Kajava
T 04 67 61 33 64
andrey.kajava@crbm.cnrs.fr
Presse CNRS
Laetitia Louis
T 01 44 96 51 37
laetitia.louis@cnrs-dir.fr

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